HÔPITAL : On fait ce que l’on peut !

 

À l’adresse des patients et de leurs familles

 

Il est des situations difficiles pour les familles de personnes hospitalisées et pour ces dernières elles-mêmes. Nous, fonctionnaires hospitaliers, le comprenons fort bien. Comment peut-on faire attendre dix voire parfois vingt minutes, votre enfant ou votre parent âgé lors qu’il a besoin d’être changé ou bien d’aller aux toilettes, pour ne prendre que cet exemple ? Le temps vous paraît long, toujours trop long. Si la plupart d’entre vous comprenez que les soignants ne peuvent pas être partout, il y en a encore, hélas, qui ne veulent pas comprendre qu’il faille parfois patienter.

À chacun les siens.

Nous connaissons parfaitement ce que vous pouvez ressentir lorsque vous devez attendre. Votre impatience est naturelle. Votre parent est, et c’est normal, votre priorité. Croyez-bien qu’il est aussi la nôtre. Cependant, dans un service avec une moyenne de 30 personnes hospitalisées et autant de familles qui nous sollicitent, nous devons vous dire qu’il est techniquement et humainement impossible d’être immédiatement présent auprès des vôtres. Comment pourrait-on l’être ? Un ou deux soignants, très rarement trois, ne peuvent pas être partout à la fois. Ceci est vrai dans le service public, comme dans les services privés.

Insultes et remarques désobligeantes.

Le travail des hospitaliers n’est pas une sinécure, nous exerçons nos fonctions avec respect et l’amour du métier ; nous avons l’humain au cœur de nos priorités.

Nous répondons à tous les besoins et à toutes vos sollicitations mais comprenez qu’il faille gérer les priorités. Pendant que nous sommes occupés à relever une personne tombée, à pratiquer des soins ou à faire face à une détresse vitale nous ne pouvons pas être auprès de votre parent pour l’emmener aux toilettes ou le changer promptement… Alors si, comme je vous le dis, nous comprenons votre préoccupation du moment, il est des comportements que nous ne pouvons pas comprendre, que nous ne pouvons pas accepter. Insulter le personnel de fainéant, d’incompétent, d’inutile et j’en passe… Montrer du mépris envers celles et ceux qui se dévouent pour leurs patients est indécent, outrageux. Je pense à mes collègues, hommes et femmes qui, chaque jour, en prennent plein la vue sans avoir le droit de répondre (au risque de se faire incendier et par les familles et par la hiérarchie) qu’à l’impossible nul n’est tenu.

Je voudrais dire à chacune des personnes hospitalisées et/ou hébergées dans nos hôpitaux que leur mieux être est notre souci permanent. Je veux également dire à chacune des familles que pour nous aussi leur parent est important. Mais, pour être honnête et clair, je dois aussi dire que certains comportements envers mes collègues sont injustes, insupportables, injurieux, non fondés et terriblement blessant et scandaleux. Cela ne fait qu’ajouter du stress supplémentaire à l’exercice des fonctions de soignant.

Je sollicite l’indulgence, la compréhension et le respect de chacun pour tous les collègues hospitaliers de France et de Navarre qui sont, très majoritairement, des gens qui ont de grandes qualités professionnelles et de cœur. Rendons leur hommage et félicitons-nous qu’ils soient là pour mener des missions que grand nombre de personnes ne sauraient pas assumer. Ils connaissent leur métier. Remercions-les d’un mot, d’un sourire ; cela ne coûte rien et aide à continuer de mener des missions toujours plus difficiles.

Jean-François SOYEZ, le 14 février 2016

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s